THALES SE DIT PRÊT A INTÉGRER GEMALTO

Patrice Caine, PDG du groupe Thales

Dans l’espoir d’obtenir très vite les derniers feux verts administratifs, Thales espère lancer l’OPA sur Gemalto au premier trimestre.

Avec la reprise européenne des dépenses militaires, la hausse continue du trafic aérien et l’explosion des besoins de sécurité liée à la numérisation de l’économie, le groupe civil et militaire Thales semble solidement amarré à une trajectoire de croissance. Son PDG, Patrice Caine, souligne ainsi que la dynamique des marchés s’est traduite par une croissance moyenne hors acquisition de 4 % entre 2013 et 2017, et de 5,3 % en 2018. Ce rythme de croisière, couplé à un plan de gestion rigoureux, a permis à Thales de dégager l’an dernier des résultats record. Le résultat opérationnel est en croissance de 23 %, à 1,68 milliard d’euros, tandis que le résultat net consolidé bondit de 44 %, à 982 millions.

Champion technologique Trois chiffres reflètent la santé du groupe. A 16 milliards d’euros, les prises de commande, en hausse de 7 %, dépassent légèrement le chiffre d’affaires annuel. A 10,6 %, le résultat opérationnel gagne 1,6 point et franchit pour la première fois la barre des 10 %, soit une perfor-mance équivalente à celle des meilleurs groupes de défense ou de technologie. « Nous y sommes parvenus sans rien sacrifier du futur, avec une nouvelle hausse de 10 %, à 879 millions d’euros, de nos dépenses autofinancées en recherche et développement », insiste Patrice Caine, dont l’obsession est désormais d’être considéré comme un grand champion technologique. Et de souligner que le groupe, qui compte embaucher cette année 5.500 personnes, a renouvelé un tiers de ses effectifs depuis trois ans. Sur 66.000 employés, Thales compte 25.000 ingénieurs et bientôt 28.000 avec le rachat de GEMALTO.

Assis sur des métiers divers regroupés en cinq branches, aéronautique, spatial, défense, sécurité et transport, Patrice Caine va intégrer le fabricant de cartes à puce et spécialiste de l’identité numérique GEMALTO (15.000 salariés).

Celui-ci est en meilleure forme qu’en 2017 avec un résultat opérationnel de 332 millions d’euros en 2018 pour 2,97 milliards de chiffre d’affaires. « Après la finalisation de l’acquisition prévue au premier tri-mestre 2019, le nom GEMALTO va rester mais notre objectif est bien une intégration à 100 % des savoir-faire numériques de l’entreprise afin d’alimenter tous nos métiers, notamment pour sécuriser de bout en bout les flux de données fournies par nos capteurs et senseurs », explique Patrice Caine.

Cessions de 350 millions Tout l’enjeu sera de prouver que cet achat de 4,8 milliards d’euros en vaut la chandelle. Thales avait remporté la bataille pour GEMALTO fin 2017 à l’issue d’une courte bagarre financière avec un autre français, l’informaticien Atos. Le groupe espère obtenir les dernières autorisations réglementaires avant fin mars. Il ne reste plus qu’à obtenir l’aval de l’autorité de la concurrence américaine, ainsi que de deux administrations en Russie.

Au total, l’obtention des feux verts administratifs a pris plus longtemps que prévu, mais le patron de Thales souligne que cela a permis aux deux groupes de bien se préparer. Il rencontre le patron de GEMALTO, Philippe Vallée, tous les quinze jours et espère lancer très vite l’OPA pour retirer de la Bourse l’entreprise et en devenir actionnaire à 100 % avant l’été. A l’horizon 2020, de premières offres communes devraient faire office de premières petites preuves (« quick wins ») de l’intérêt de l’association entre les deux sociétés, notamment pour assurer la sécurité d’objets connectés aux fonctions « critiques ». Pour obtenir les bonnes grâces européennes et américaines en matière de lutte contre les monopoles, Thales a dû s’engager à céder ses activités de fabricant de matériel de génération de clefs de chiffrement des données. C’est désormais chose faite. Le groupe a annoncé, la semaine dernière, avoir cédé son spin-off nCipher Security à l’américain Entrust Datacard. D’après nos informations, cette entité, qui a réalisé 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018, a été vendue pour 350 millions.

Les Echos

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